Lettre à mon père

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L’enfant né au pays des mines, à l’ombre des terrils ne voulait surtout pas descendre dans ces gouffres. Alors il a choisi de partir , très jeune. Porte de sortie, l’armée  ! Voyages lointains, découverte d’horizons inconnus et de peuples à mille lieues de son quotidien.  Mais aussi, la guerre avec ses tragédies dont on ne revient jamais indemne. Lui disait qu’il avait eu la chance de n’avoir pas à tenir le fusil. Par contre, il a toujours été la première cible. Forcément il était radio transmetteur avec dans son ombre un garde du corps . On dit entendre longtemps les balles siffler à ses oreilles et le canon tonner même quand on est revenu . Je ne parle même pas des horreurs en marge des champs de bataille. Inutile d’en rajouter. Quoiqu’il en soit, il n’a plus jamais été celui d’avant son départ. D’où les malheurs qui ont suivi. L’armée ça vous broie , la guerre ça ne vous tue pas toujours physiquement mais mentalement si. Je bénis le ciel qu’aucun de mes proches n’ait eu besoin ou envie de se marier avec, parcequ’il n’y a pas d’autre mot.
La culture de ses fleurs fut la grande occupation de son autre vie . Je revois les bouquets de jonquilles qu’il nous offrait à toutes les trois, avec le  regard triomphant du jardinier fier de lui
.
Extrait  page 23
“Rouvrir le grand livre
A la page VIVRE,
Cultiver des jonquilles,
Les offrir à ses filles
Et puis en rire »

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